La secrétaire de direction


bande dessinée

DS Blog BD numéro 3

Fin décembre 2008, j’ai enfin décroché un « vrai » job à plein temps !

Je travaille désormais comme testeur de jeux vidéo à Marvelous Entertainement. Vous connaissez peut-être, c’est le studio qui a créé la série des Harvest Moon, une des première simulation de vie de fermier.

Me voilà donc, à m’occuper de mes champs et accessoirement à draguer (dans le jeu il faut trouver sa future femme et lui faire des cadeaux pour qu’elle accepte de vous épouser) 8 heures par jour au 26 étage d’une tour moderne dans un des quartier les plus chic de Tokyo.

Tout en bas de l’échelle sociale de la société, placé à côté du photocopieur, la plupart des autres employés m’ignorent poliment. Je fais équipe avec une bande de joyeux lurons comme moi un peu étonnés de se retrouver là à passer toute la journée à jouer. Il y a au moins une personne par version du jeu. Pour la française, comme c’est une langue barbare et difficile, ils ont estimé qu’il valait mieux 2 correcteurs, ce qui m’arrangeait vu que je ne suis pas un champion d’orthographe.

Les jours passent tranquillement et joyeusement. Comme je suis le seul à m’impliquer très sérieusement sur le ce jeu (faut bien avouer qu’il est plutôt rébarbatif même s’il possède une bonne communauté de fans) les autres me regardent un peu comme un extra-terrestre.

Le boss de la boîte est un type assez original et sympathique sachant très bien s’entourer. Nous bavons tous devant sa secrétaire. Sûrement la fille la plus sexy qu’il m’est donné de voir durant mon séjour. Elle passe à l’occasion près de notre groupe quand elle a besoin de faire des photocopies et le temps s’arrête alors quelques instants.

Bien sûr, elle ne prête aucune attention à nous et continue ses tâches tranquillement sans même jeter un regard dans notre direction.

Mais un matin alors que j’arrivais dans les premiers au bureau, j’aperçus la secrétaire venir dans ma direction, sans étonnement puisqu’elle avait sûrement un document quelconque à photocopier. Mais non, ce jour là ce n’était pas ça. Madame a traversé tout l’open-space de la société du bureau du boss en haut de la hiérarchie pyramidale pour venir à ma rencontre dans les bas fonds de l’entreprise, entre la machine à café et les archives. Un sourire, elle me dit bonjour et me demande comment je vais. Moi, je reste saisi d’étonnement, incapable d’esquisser un mouvement ou une réponse. Je rassemble toute mon énergie pour tenter de répondre, je parviens à ouvrir la bouche et à penser à une réponse banale et vitale mais tout ce qui sort de ma bouche sont de borborygmes incompréhensibles. Figé dans la gêne de mon échec, l’éternité d’un instant se révèle à moi.

Le sourire de la dame se transforme en étonnement puis elle disparait me laissant statufié sur place.

Je ne me souviens plus comment je me suis remis en mouvement mais j’ai fini par reprendre mon activité discrète en prenant soin de ne jamais dévoiler cette anecdote à mes collègues.

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